mardi 28 juillet 2009
Jeu ou redevance seigneuriale ?
Un article de Lucien Clare (Univ. Caen) dans "Les jeux à la Renaissance".
Une voie, pas à pas, d'Eauze à Condom (Gers)

Eauze est la cité d'Elusa, capitale de la Novempopulanie à partir du 3ème siècle.
La voie part de la cité antique au nord-est de la ville médiévale et franchit la rivière au lieu-dit "Pont-Carrau" puis devait rejoindre Cuherque puis Coureau qui est le carrefour des voies : l'une vers le nord, l'autre vers l'est. Nous suivons celle de l'est, bien visible en un long alignement droit sur la carte ign.
Toponymes : Carrau, Coureau, Bellevue, Perréou

La voie se poursuit par un enchaînement d'alignements droits plus courts. Son tracé est caractéristique, bien différent de celui de la D931 plus au nord.
Toponymes : Barréous (péage ?), Borne, la Tuilerie

La voie oblique vers le nord à Gondrin.
Toponymes : La Bourdette, la Tuilerie.
En bordure du point haut qui domine la vallée, un hameau est dénommé Quissa.

Après Gondrin la voie se confond avec la D931 et reprend la direction de l'est vers Mouchan.
Toponymes : Perras, la Maison Neuve, Bordeneuve, la Bourdette

A Mouchan la voie quitte à nouveau la D931 vers Cassaigne où elle oblique vers le nord pour rejoindre Condom et la rejoint à nouveau.
Le site de Cachelardit a livré des vestiges : squelettes, tuiles et vestiges de mosaïques (villa ?).

La voie rejoint Condom (Condatomagos).
Toponymes : Lafitte, La Bourdette
Loches - Amboise

Sur l'axe Loches Amboise se trouvent plusieurs sites Saint-Quentin ou Quentin :
- Saint-Quentin sur Indrois au franchissement de l'Indrois au nord de Loches (église St-Quentin 12°s.)
- les Quentins à Sublaines à un carrefour de voies
- au franchissement du Cher, face à Bléré, l'actuelle la Croix en Touraine s'appellait Saint-Quentin près Bléré (église St-Quentin 12°s.)
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Toponymes :
le grand chemin, le bout du pont, les portes
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Toponymes :
Finispont, le pont sur la frontière
les maisons rouges, la haute borne, les caves, les vaux
lundi 27 juillet 2009
Un jeu de quintaine "médiéval" près de Redon et Quinssignac
A Fégréac, l'almanach parroissial de 1932 rapporte un jeu de Quintaine de 1547 :
Almanach Paroissial de Fégréac - 1932
Au mois de mars 1547, le roi Henri II était monté sur le trône de France, et l'heureuse nouvelle en fut portée dans toutes les provinces du royaume. A cette occasion, dans beaucoup de paroisses, les prières faites pour le Roi très chrétien furent accompagnées de fêtes populaires.
Messire François Le Coustellier, seigneur du Broussay, de Penhouet et de la Brousse, profita de cet heureux événement pour offrir, sur le pâtis de la Madeleine, le jeu de la Quintaine, suivant le droit et la coutume de ses ancêtres. Il fit publier le ban de quintaine dans toutes les frairies de la paroisse et dans les châteaux des environs pour le mardi de Pâques de cette année ; et les jeunes gens comme les jeunes escuyers nobles s'exercèrent avec ardeur.
texte intégral
Or Fégréac est situé un peu au sud d'un village dénommé Quinssignac lui-même au bord de la Vilaine non loin du franchissement de la rivière à Redon, sur la voie Vannes - Blain (borne milliaire sur la butte Saint-Jacques à Fégréac).
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Almanach Paroissial de Fégréac - 1932
Au mois de mars 1547, le roi Henri II était monté sur le trône de France, et l'heureuse nouvelle en fut portée dans toutes les provinces du royaume. A cette occasion, dans beaucoup de paroisses, les prières faites pour le Roi très chrétien furent accompagnées de fêtes populaires.
Messire François Le Coustellier, seigneur du Broussay, de Penhouet et de la Brousse, profita de cet heureux événement pour offrir, sur le pâtis de la Madeleine, le jeu de la Quintaine, suivant le droit et la coutume de ses ancêtres. Il fit publier le ban de quintaine dans toutes les frairies de la paroisse et dans les châteaux des environs pour le mardi de Pâques de cette année ; et les jeunes gens comme les jeunes escuyers nobles s'exercèrent avec ardeur.
texte intégral
Or Fégréac est situé un peu au sud d'un village dénommé Quinssignac lui-même au bord de la Vilaine non loin du franchissement de la rivière à Redon, sur la voie Vannes - Blain (borne milliaire sur la butte Saint-Jacques à Fégréac).
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jeudi 23 juillet 2009
Les sites des jeux de Quintaine de l'Encyclopédie
Des coutumes concernant les jeux dits de quintaine sont connues en certains lieux associant des commerçants ou des jeunes mariés. L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert en cite quelques unes dans son article Quintaine.
Notamment à Mehun-sur-Yèvre en Berry, non loin de Bourges et à proximité immédiate de... Quincy :
"à Mehun sur Eure en Berry, les hommes mariés dans l'année, sont tenus, le jour de la pentecôte, tirer la quaintaine au - dessous du château, & par trois fois frapper de leurs perches un pan de bois qui est piqué & planté au milieu du cours de l'eau."
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Quincy et Mehun-sur-Yèvres ont livré des restes gallo-romains et se situent à un carrefour de voies.
Dans certains textes, le château de Mehun est dit "remonter à l'antiquité".
Par ailleurs le toponyme Mehun provient de Magdunum en 1012, de magos (marché) + duno (ville).
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De même : "En la châtellenie de Mareuil, ressort d'Issoudun en Berry, les nouveaux mariés tirent aussi la quintaine sur la riviere d'Amon."
Or concernant cette commune carrefour de voies la carte archéologique donne divers renseignements dont un hypothétique "camp romain" dont il n'y a toutefois pas trace aujourd'hui dans les dénominations parcellaires.

Notamment à Mehun-sur-Yèvre en Berry, non loin de Bourges et à proximité immédiate de... Quincy :
"à Mehun sur Eure en Berry, les hommes mariés dans l'année, sont tenus, le jour de la pentecôte, tirer la quaintaine au - dessous du château, & par trois fois frapper de leurs perches un pan de bois qui est piqué & planté au milieu du cours de l'eau."
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Quincy et Mehun-sur-Yèvres ont livré des restes gallo-romains et se situent à un carrefour de voies.
Dans certains textes, le château de Mehun est dit "remonter à l'antiquité".
Par ailleurs le toponyme Mehun provient de Magdunum en 1012, de magos (marché) + duno (ville).
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De même : "En la châtellenie de Mareuil, ressort d'Issoudun en Berry, les nouveaux mariés tirent aussi la quintaine sur la riviere d'Amon."
Or concernant cette commune carrefour de voies la carte archéologique donne divers renseignements dont un hypothétique "camp romain" dont il n'y a toutefois pas trace aujourd'hui dans les dénominations parcellaires.


mercredi 22 juillet 2009
Eglise saint-Quentin à Caulaincourt près Vermand (02)
Castres au sud de Saint-Quentin (Aisne)
Eglise Saint-Quentin à Berzy-le-sec près Soissons
Bibrax, Saint-Thomas oppidum des Rèmes
Eglise Saint-Quentin Athies-sous-Laon (02) - voie de Vermand à Reims à hauteur de Laon
Voie de Vermand à Reims - recherche de tracé

Elle figure sur la carte IGN sous le nom "chemin des romains" mais a "perdu son chemin" à hauteur de Aulnais-sous-Laon ! (les indications de la carte IGN sont manifestement inexactes : le crochet de la voie est très étonnant, sans justification).

La voie est très facile à retrouver sur la photographie aérienne (dans les 3 parcelles au centre de l'image). Et elle retrouve ainsi son pârfait alignement droit.
Franchissements de la Somme
mardi 21 juillet 2009
Eglise Saint-Quentin à Quivières (80)
Saint-Quentin-La Motte-Croix au Bailly
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Port gallo-romain d'Eu et cité de Briga
site de Briga
Un camp militaire ?
L’hypothèse d'un camp militaire est subodorée par la découverte de très nombreux objets à caractère "militaire" et monnaies de la fin du Ier siècle avant notre ère, caractéristiques de la solde attribuée aux auxiliaires romains, et provenant de l'aire de dépôt primitif du sanctuaire,ainsi que par la topographie du terrain situé au sud de cet endroit. Les récentes découvertes sur le centre monumental viennent étayer l’idée d’une origine militaire ou d’une fréquentation initiale du centre cultuel au moins en partie par des militaires. Les investigations seront orientées vers cet axe de recherches dans les années à venir.
Le "site" doit être pris dans une acception géographique large. Je suis tenté de penser que c'est Saint-Quentin qui désigne le camp militaire associé.
La comparaison avec Tintignac sera très intéressante (théatre, culte, commerce).
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Le mont Saint-Quentin à Péronne
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Point haut au dessus de Péronne et de la Somme (situation similaire au mont Saint-Quentin de Metz).
Toponymie : le Blanc Mont. Et entre le mont et la vieille ville, quartier "le Quinconce".
Fondée au 5ème après la défaite d'Attila, Péronne était déjà ville royale au 6ème à l'époque où y habitait Radegonde, femme de Clotaire Ier.
Deux églises Saint-Quentin sur la voie Amiens - Vermand, Estrées-Deniécourt
Eglise Saint-Quentin et chemin du Prêtre à Bernes (80)
Chapelle et fontaine Saint-Quentin, chemin des Prêtres à Quiquery (80)
vendredi 17 juillet 2009
Eglise Saint-Quentin à Passy-sur-Seine (77)

Un toponyme "porte blanche" intrigue, comme une fossilisation similaire à celle de Clessé.
Le site est situé face à un ancien sanctuaire (âge du bronze) au lieu dit "la ferme d'Isle", dans les boucles de la Seine.

Au plan régional, il se situe à 10 km de Nogent-sur-Seine et à la limite des régions Ile de France et Bourgogne, au sud des boucles de la Seine.
Quintaine à Clessé

Ce site est essentiel car il a véritablement fossilisé un camp romain dans la topographie et la toponymie :
- les Prêtres pour le praetorium
- les Fosses pour les fossae qui entourent le camp
- les Portes pour les portae
Les routes actuelles semblent reprendre grosso modo la forme du camp, pour des dimensions de 600m par 600m environ.
Une chapelle en plein champ, à l'écart du hameau, pourrait être située sur la via quintana au niveau des enseignes...
Son nom, Triviet, signifie-t-il "trois voies" ? (via principalis, via praetoria, via quintana ?!).


Adossé aux collines qui longent la Saöne et à travers lesquelles on rejoint Cluny, le site est sur une voie et à proximité d'un point de passage important sur la Saöne à Pont de Vaux. Le village de Vaux est attesté au 9ème siècle, mais le point de passage très certainement antérieur.
Eglise Saint-Quentin et "camp de césar" à Nucourt

Le site est situé entre deux voies partant de Cergy et à proximité de Magny-en-Vexin.
Il est aussi à la frontière entre la Picardie et l'Ile de France.
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L'église St-Quentin est isolée "au milieu des champs". Elle se trouve à proximité immédiate du site dit "camp de César".
Ceci peut être rapproché de la chapelle St-Triviet sur le site de Quintaine à Clessé (71). Christianisation d'un site romain... peut-être parce que le site militaire était aussi un site de culte religieux pour les populations locales ?
le Faubourg Saint-Quentin à Maubeuge

Le site est identique à celui de Cantimpré de Cambrai : à proximité immédiate du pont sur la rivière, de l'autre côté de la cité.
Si l’on remonte aux origines de Maubeuge qui, on le sait, aurait été fondée par Sainte Aldegonde, le faubourg Saint-Quentin devrait son nom aux bénédictins portant le nom de chanoines de Saint Quentin.
MALBODEN, ce nom fut transformé, à l’ère médiévale, par le bas-latin, en MALBODIUM, lorsque Sainte-Aldegonde (630-684) fonda un monastère, vers 661, au milieu de la forêt marécageuse des bords de la Sambre.(ville de Maubeuge)
Sainte Aldegonde, fille de Walbert IV, gouverneur des provinces de Sambre et Meuse, fonda au milieu 7ème un couvent de femmes sur les bords de la Sambre.
Le site était occupé par les Francs depuis le milieu du 3ème sous le nom de "Malboden", et une agglomération se développa rapidement autour de l'abbaye richement dotée et devenue très puissante. (Quid)
Guerre des Gaules p.111, Bataille de la Sambre : César décrit le site de son camp près de la Sambre, entre deux collines. Situé selon certains à 6km au SO de Maubeuge.
La colline de "Sous le bois", actuel quartier de Maubeuge peut toutefois laisser penser que le site est plus proche de Maubeuge et du Faubourg Saint-Quentin.
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